lundi, 27 juin 2005

DECOUVERTE : Marseille, découverte d'une basilique paléochrétienne

La communication de cette découverte date du mois de Janvier 2004. Elle s'inscrit dans la liste des découvertes récentes de vestiges très importants sur le plan architectural (voir les notes sur Arles, Rézé, Roanne, Ajaccio).
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Source : Diocèse de Marseille clic

Découverte d’un édifice funéraire du Ve siècle à Marseille


Marseille, basilique
(Photo D. Paquier-Galliard)


C’est à l’occasion de travaux pour la construction d’un parking, rue Malaval, à Marseille, que Manuel Moliner, archéologue municipal de la Ville de Marseille et son équipe de l’Institut National de Recherche en Archéologie (*), ont fait la découverte d’un édifice funéraire paléochrétien du Ve siècle.
Cette basilique, longue de plus de 40 m et de 18 m de large, est à ranger aux côtés des édifices majeurs du premier art chrétien de notre pays.

Dans l’abside semi-circulaire, à droite de l’implantation de l’autel, ont été retrouvées deux tombes de calcaire rose de la Couronne recelant deux cercueils de plomb.
Cet édifice est composé de quatre piliers, d’une clôture en marbre décorée d’écailles, surmontée de dalles de marbre.

On découvre sur ces dalles un trou, entrée d’un dispositif destiné à faire circuler, à l’intérieur de la tombe, sur les sarcophages de plomb, un liquide (eau ou plus probablement huile) qui sera sanctifié par le contact des reliques. Un tuyau de plomb à la base permet de recueillir le précieux liquide.

Actuellement aucun indice ne permet d’identifer les personnages inhumés. Seuls l’ampleur de l’édifice et le nombre de sépultures regroupées autour laissent penser qu’il s’agit de personnages vénérés.
En effet, autour de cette "memoria" (sépulture d’un personnage important qui génère un culte) sont regroupés de nombreux sarcophages d’adultes et d’enfants (228 tombes exhumées et répertoriées).

Le mobilier funéraire était divers :
- amphores, parfois regroupées, parfois emboîtées lorsque la taille du mort dépassait celle de l’amphore,
- sarcophages en forme de caissons (la présence de clous attestent qu’il y a eu parfois des sarcophage en bois),
- tombes bâties, avec des plaques d’argile, des tuiles, constructions en V inversé,
- fosses en pleine terre.

Nombre de sépultures sont orientées est-ouest, la tête du mort disposée vers l’ouest, pour regarder vers la Jérusalem céleste lors de la résurrection.

La plupart des tombes n’avaient pas été ouvertes. Sobres, anonymes, elles ne comportent que très rarement des inscriptions. Quelques dessins sur des tuiles doivent être décriptés : marques de fabrique du potier ou signification rituelle ?
Très peu d’objets sont présents dans les tombes.
Les anthropologues qui travaillent sur ce chantier étudient les squelettes et peuvent déjà affirmer que hommes, femmes et enfants y sont présents.

A l’extérieur de l’édifice un ossuaire de 60 individus a été retrouvé.

Cette nécropole se trouvait en bordure de la voie antique qui reliait Marseille à Aix. Il semble qu’elle ait été abandonnée vers la fin du 6ème siècle. Pour quelle raison ? Vénération des personnages inhumés émoussée ou bien terrain propice aux inondations.... Les pierres de la basilique ont été très rapidement réutilisées sur d’autres chantiers, mais la memoria n’a pas été démontée et les tombes sont restées intactes.

Le Cardinal Bernard Panafieu et Mgr Benoît Rivière, évêque auxiliaire, ont visité le site en compagnie de Manuel Moliner et de Jean Guyon, spécialistes de cette période de l’histoire chrétienne en Provence.

Depuis le site a été évacué, des moulages des parois de la basilique ont été réalisés et toutes les tombes y compris les sarcophages de pierre et bien sûr l’intégralité de la memoria ont été prélevés pour étude, restauration et présentation au public. Le chantier du parking a repris son cours.

Désormais, les vestiges sont entreposés dans un laboratoire municipal et archéologues, anthropologues, historiens... poursuivent leurs recherches à l’aide des dernières techniques.

Un programme de publications et d’expositions est en cours d’élaboration. En attendant le bilan définitif de ces recherches, Manuel Moliner donne des conférences régulières sur l’avancement de la connaissance de ce site encore énigmatique.

Ces vestiges seront-ils un jour remontés sur un nouveau site accessible au public ? M. Gaudin, Maire de Marseille, a demandé à ses services d’étudier cette reconstitution grandeur nature. C’est le souhait émis par nombre de Marseillais très intéressés par cette découverte importante de leur histoire.

Voir d'autres photos sur le site ici
(Photos D. Paquier-Galliard)

(*) INRAP clic

vendredi, 17 juin 2005

DECOUVERTE : Arles, vestiges d'une basilique paléochrétienne

Des découvertes majeures sont intervenues plus ou moins récemment, découvertes qui ont permis de mettre en lumière des sites comme Roanne, Rézé (Loire Atlantique) ou le site Alban à Ajaccio (Corse-du-Sud) que nous avons déjà évoqué ici.
Aujourd'hui, nous partons pour Arles...


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Arles


Les fouilles du Couvent St-Césaire


Source : CNRS, Sciences de l'Homme et de la Société,
Articles à la une
clic
Publié le 12/12/2003

Auteur des recherches : Marc Heijmans

Laboratoire : CNRS Centre Lenain de Tillemont Bibliothèque d'Histoire des Religions


1) Contexte historique

A Arles (B.-du-Rh.), une campagne de sondages archéologiques a mis au jour une très grande abside appartenant sans aucun doute à une église paléochrétienne, dont on soupçonnait déjà l’existence à cet endroit, à la lecture des textes antiques.
En effet, des textes du VIe siècle de notre ère, notamment la vita (bibliographie) de l’évêque Césaire (502-542) et la Règle monastique que ce dernier avait rédigée pour les moniales de son couvent, laissaient penser qu’à cet emplacement, dans l’angle sud-est de la ville, se trouvait la cathédrale primitive de l’Église d’Arles, dont le premier évêque est attesté dès 254. La date de cette cathédrale n’est pas encore connue, mais selon toute probabilité, elle a dû intervenir peu de temps après que le Christianisme a été accepté comme religion, sous l’empereur Constantin (“édit de Milan”, en 313). La ville d’Arles, et donc son Église, étant l’une des plus importantes des Gaules durant l’Antiquité tardive, l’évêque arlésien n’a sans doute pas attendu longtemps pour construire sa cathédrale, que l’on peut donc supposer dans le courant du IVe siècle
Après le transfert de cette première cathédrale vers le centre-ville (première moitié du Ve siècle ?), à l’emplacement de l’actuelle église Saint-Trophime, l’église abandonné est certainement resté en usage pour le culte, jusqu’au début du VIe siècle, quand l’évêque Césaire l’adapte pour construire à ses côtés un monastère de femmes, dédié à saint Jean et placé sous l’autorité de sa soeur, Césarie. Pour ce monastère, Césaire, qui avait reçu de l’évêque de Rome le pallium et le titre de “primat des Gaules”, avait écrit une Règle de vie monastique assez détaillée (la première de ce genre destinée spécifiquement à une communauté féminine), qui nous donnent plusieurs indications sur la topographie de son monastère. A sa mort, le couvent comptait plus de 200 moniales.

2) Nature des vestiges

La découverte a eu lieu lors d'une opération de diagnostic archéologique réalisée par F Reynaud de l'INRAP (*), assisté par M. Heijmans, CNRS, préalablement à la construction d'un immeuble destiné à accueillir le Médiapôle d'Arles dédié aux nouvelles technologies.
Les vestiges partiellement mis au jour dans un espace de 300 m2 environ consistent en une vaste abside à pans coupés à l'extérieur et de plan semi-circulaire à l'intérieur. Cette construction en moellons d'un diamètre de 19.60 m dans l'œuvre délimite un couloir circulaire pavé d'une mosaïque polychrome qui enserre une seconde abside de 9.50 m de diamètre dans l'œuvre. Cette dernière présente un sol revêtu de marbre surélevé de 0.40 m par rapport à un dallage de marbre, qui règne au même niveau que la mosaïque du couloir. Cet ensemble devait ouvrir à l'ouest sur la nef, dont le plan n'est pas encore connu. Les dimensions de l’abside laisse cependant envisager une emprise considérable pour cette église, qui est certainement l’une des plus grandes connues de la Gaule antique.
Des bâtiments connexes, dont l'extension et la nature ne peuvent être précisés à ce stade de l'étude, communiquaient pour certains avec le chevet. Les niveaux d'abandon et de spoliation d'une pièce adossée au nord de l'abside sont datés, d'après le matériel céramique, de la fin du VIe siècle ou du début du VIIe siècle ap. J-C. Des reprises de maçonnerie en moyen appareil laissent supposer que l'église a connu des transformations ultérieures, dont les chronologies doivent être précisés par des fouilles futures.
L'implantation de ce monument, sa taille et la richesse de son ornementation laissent supposer avec assez peu d'incertitude qu'il s'agit de la première cathédrale de la cité d'Arles qui remonterait au IVe siècle ap. J-C. L'abside à pans coupés d'une église découverte un peu plus au sud par F. Benoit en 1947 n'est pas sans rappeler le plan du chevet qui vient d'être mis au jour. Ces deux découvertes permettent de porter l'emprise du monastère St-Jean, et peut-être aussi du groupe cathédral qui l'a précédé, jusqu'au rempart antique au sud.
Des négociations sont en cours pour rendre compatible la construction de la Médiapôle avec la préservation les vestiges pour une étude plus complète et leur mise en valeur dans l’avenir.

(*) INRAP clic


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Voir aussi :

Arles


Une basilique du IVe siècle sous le chantier du médiapôle


Source : Site officiel de la ville d'Arles clic
Article créé le 19/11/2003

Dans l’histoire millénaire d’Arles – la ville aura 2050 ans en 2004 –, une période restait dans l’ombre, celle des premiers chrétiens qui y vivaient aux IIIe et IVe siècles. Outre les documents d’archives et les reliques, comme vestiges monumentaux, nous n’avions que la nécropole des Alyscamps. La découverte en octobre des fondations d’une cathédrale sur le chantier du futur médiapôle est d’une importance considérable. Elle va permettre aux historiens et archéologues d’enrichir leurs connaissances et la nôtre.

C’est naturellement un trésor patrimonial supplémentaire qui va conforter la notoriété d’Arles. Une fois les fouilles archéologiques menées à leur terme, les élus souhaitent que la population puisse visiter le site.

Des fouilles archéologiques préalables

« Lorsque fin octobre les archéologues ont dégagé les premiers pans de murs, on a eu l’intuition qu’ils allaient faire d’autres découvertes. C’est extrêmement émouvant de se trouver aujourd’hui devant ces fondations, ces pavements et mosaïques », raconte Jules Nyssen, conseiller municipal adjoint au Patrimoine.
Les archéologues effectuaient une mission préalable d’inspection du site avant le démarrage du chantier de construction du médiapôle, explique Bouzid Sabeg, directeur du Patrimoine à la Ville. « Quand une zone a un potentiel archéologique connu, les permis de construire sont envoyés à la Drac (direction régionale de l’action culturelle) au service régional d’archéologique. Il prend un arrêté de prescription de diagnostic archéologique ». Tout le haut de la ville est dans ce cas.
« Les investigations étaient de deux natures : sur le sous-sol pour vérifier ce qu’il y avait dessous ; sur les élévations pour repérer les restes de la période médiévale » détaille Bouzid Sabeg. La découverte a eu lieu au moment où l’on a commencé à « décaisser le sol » pour dégager l’emplacement qui devrait supporter un des bâtiments à construire.
« Nous avons un patrimoine antique extrêmement important. De même pour les périodes médiévale et la Renaissance mais pas de patrimoine monumental de la période paléochrétienne. Compte tenu de l’importance des premiers chrétiens à Arles, on se doutait qu’un jour on découvrirait quelque chose quelque part. On l’a trouvé ! »

Deux autres sites similaires en Occident

« L’église d’Arles existe depuis le milieu du IIIe siècle », rappelle Jean-Maurice Rouquette, conservateur en chef honoraire des musées d’Arles. « Elle est attestée depuis 254 par une lettre de Saint-Cyprien de Carthage au pape de Rome qui se plaint de l’évêque d’Arles. Mais nous n’avions pas de lueurs de la communauté chrétienne vivante. L’apparition de cette grande basilique datée du IVe siècle (on affinera plus tard) au cœur d’Arles est un événement insigne » ajoute l’historien. « Le 1er août 314 l’empereur Constantin demandait à l’évêque d’Arles de recevoir les évêques d’Occident (Espagne, Angleterre, de Gaule, de Germanie, Italie) pour débattre de l’hérésie Donatiste. 43 évêques sont venus ici. Mais où s’est tenu ce concile on n’en sait rien. Certainement qu’après, l’église d’Arles ayant été sous les feux des projecteurs impériaux, la construction de la basilique a été décidée ».

A ce moment des fouilles, le conservateur précise qu’il faut rester prudent sur l’inventaire de ce que l’on a découvert. « Il y a au moins deux églises, le baptistère, le cloître, la maison de l’évêque, et d’autres bâtiments annexes de la basilique. »
On ne connaît que deux bâtiments paléochrétiens* équivalents, celui de Trèves (Allemagne) et à celui de Genève. Mais d’après Bouzid Sabeg, « à Genève on a une cathédrale reconstituée à partir de trois pierres qui forment un petit pan de mur, grâce au savoir archéologique. Ici on a trouvé une représentation physique exceptionnelle par son étendue, tout le chevet en place jusqu’à 1,2 mètre de haut, le chœur, les pavements de sol, des mosaïques… »

Recouvrir les vestiges ou fouiller plus longtemps

Le premier diagnostic rendu par les archéologues sera vraisemblablement très positif ! « Nous sommes donc sûrs que l’on va vers un arrêté de prescription de fouilles archéologiques » annonce Bouzid Sabeg.

Arles
Détail d’une mosaïque dégagée lors des fouilles


Deux hypothèses se présentent : les archéologues une fois les relevés effectués estiment que pour préserver la valeur scientifique du site il est préférable de tout reboucher d’autant que dès son exposition à l’air libre accélère la dégradation. Dans ce cas, une fois les vestiges enfouis on reprend la construction du Médiapôle, isolé du site par une dalle par exemple.
Mais les responsables du patrimoine comme les élus d’Arles estiment qu’une découverte d’une telle valeur ne doit pas être dissimulée aux Arlésiens comme aux visiteurs friands d’histoire. L’autre hypothèse consisterait alors à adapter la construction du bâtiment en fonction de la situation géographique des fouilles à continuer.
A partir d’un premier relevé, on pourrait insérer des piliers sur lesquels poser le bâtiment. Sitôt cette « couverture » installée sur le site des fouilles, celles-ci seraient de fait « protégées » par le médiapôle. Les scientifiques auraient ainsi tout le temps nécessaire pour achever correctement leur travail.

La modernité valorise le patrimoine

Pour Hervé Schiavetti, le défi à relever est passionnant. « Sur le plan architectural, on peut imaginer un projet encore plus audacieux. Il s’agirait d’intégrer le bâtiment moderne à la mise en valeur d’un site de très grande valeur patrimoniale. Prouver que l’on peut faire les deux », explique le maire. « Comme ce que l’on va réaliser au Théâtre antique, où la scénographie proposée sera aussi une mise en valeur du site antique ».
« Entre le passé et la modernité, à Arles il n’y a pas d’opposition ou d’antinomie. Il faut trouver la convergence entre les propositions de développement économique et la conservation et la restauration du patrimoine ».
« Certaines villes se cherchent une image à travers leur patrimoine, leur passé. Arles n’a pas besoin de se construire une image, elle l’a déjà. Dans le monde entier, elle est connue pour ses monuments romains, médiévaux ou de la Renaissance. Cette notoriété là, c’est sa modernité. C’est aussi ainsi que les Arlésiens la perçoivent, une ville avec un patrimoine exceptionnel.
Dans notre culture, c’est aussi important que l’Arlésienne, la Camargue et ses chevaux, la tauromachie et les ferias. Quand cette découverte a été annoncée, les gens m’ont interpellé dans la rue “Vous n’allez pas la recouvrir, on va pouvoir la voir ?”. Il n’est donc pas question devant une découverte de cette importance de faire comme si de rien n’était.
Il n’y a pas d’un côté le passé et le patrimoine, de l’autre l’avenir et les technologies de l’information. Regardez le Lerm et Art graphique et patrimoine, deux entreprises au cœur de technologies récentes. L’une analyse les matériaux et les bétons d’aujourd’hui. Elle s’est installée à Arles, intéressée par les chantiers du Plan patrimoine antique. L’autre, spécialisée dans la modélisation des bâtiments patrimoniaux, a montré comment ses techniques pouvaient servir à la restauration et à la mise en valeur du patrimoine arlésien, elle est installée à la commanderie Sainte-Luce
».

Hervé Schiavetti vous invite à une conférence sur cette découverte le 2 décembre à 14 heures au théâtre d’Arles. Elle sera suivie d’une visite sur le site du chantier.

* Epoque paléochrétienne : du grec palaios, ancien.
Défini par son style et son iconographie, l’art des premiers chrétiens, dit paléochrétien, est l’expression de la foi tout juste révélée et de la ferveur religieuse d’une société s’affirmant au sein de l’Empire romain en crise. Les vestiges connus remontent au milieu du IIIe siècle et se développent jusqu’au 5e siècle.
(source www.arles-antique.org)

D'autres photos visibles sur le site.

À lire
Arles et les technologies de l’information

lundi, 13 juin 2005

CORSE : Découverte d'un baptistère paléochrétien à Ajaccio

La progression des fouilles sur le site Alban à Ajaccio (Corse-du-Sud) a pris une tournure que l'on pouvait espérer sans oser imaginer une telle découverte, celle d'un baptistère paléochrétien.
On peut maintenant souhaiter que l'importance des découvertes effectuées par l'équipe de l'INRAP offre un autre avenir à ce site que celui qui lui est dévolu
(opinion strictement personnelle) :
Voir à ce propos la note du 7 avril 2005
CORSE : Découverte sur le site Alban clic

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Découverte exceptionnelle d'un baptistère paléochrétien à Ajaccio


Source : Communiqué de l'AFP
Publié le jeudi 9 Juin 2005, 16h11



SiteAlban

Des chercheurs du CNRS et des archéologues de l'Inrap autour des fouilles d'un baptistère paléochrétien de la première cathédrale de la ville, le 09 juin 2005 à Ajaccio
(Photo Stephan Agostini/AFP)


Les vestiges extrêmement bien conservés d'un baptistère de la première cathédrale d'Ajaccio, datant probablement du Ve siècle, ont été mis au jour, ce qui constitue une découverte exceptionnelle, selon l'Inrap qui en a fait l'annonce jeudi.

L'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) considère que cette découverte conforte l'hypothèse d'une évangélisation de la Corse à partir de l'Afrique du Nord.

"Cette découverte est exceptionnelle car le baptistère date du paléochrétien (des premiers chrétiens, entre les Ier et Ve siècles, ndlr) et les découvertes de ce genre sont assez rares en France", a expliqué à l'AFP Daniel Istria, l'archéologue de l'Inrap responsable de cette fouille.

Son équipe travaille depuis mars 2005 sur le "site Alban", tout proche du centre ville, sur lequel avait été érigée, dans les années 1930, une Manufacture des Tabacs d'Ajaccio, dont il ne reste plus qu'une belle façade dans le style mauresque, inscrite à l'inventaire des monuments historiques.

Le baptistère mis au jour, "dont la construction date à première vue du Ve siècle, mais que seule une analyse à venir permettra de dater de manière plus fiable", était "associé à la première cathédrale d'Ajaccio, dont la localisation précise est encore inconnue", explique l'Inrap.

Sur cinq baptistères associés au premier siège épiscopal de l'île, situé probablement, comme cette récente découverte, au coeur de l'agglomération antique d'Ajaccio, trois ont été mis au jour jusqu'à présent: Mariana (à Lucciana, Haute-Corse), Sagone (Corse-du-Sud) et celui du site Alban.

Sepulture
Un squelette découvert dans une des 81 tombes d'un cimetière médiéval de la première cathédrale de la ville, le 9 juin 2005 à Ajaccio
(Photo Stephan Agostin/AFP)


Cette découverte permet notamment, selon M. Istria, de conforter l'hypothèse selon laquelle l'évangélisation de la Corse s'est faite à partir de l'Afrique du Nord: le baptistère découvert et extrêmement bien conservé est constitué d'une abside au centre de laquelle la grande cuve baptismale, d'une profondeur de 1,34 m, est cruciforme, un détail à rapprocher des modèles découverts en Afrique du Nord.

La fouille d'un important dépotoir associé à ce complexe a permis de recueillir près de 5.000 fragments de céramique, sur lesquels les experts commencent à travailler. En outre, un cimetière édifié sur le baptistère après son abandon, au VIe ou VIIe siècle, a permis de découvrir 81 tombes aux sépultures extrêmement variées et aux squelettes très bien conservés.

Selon l'Inrap, l'archéologie préventive, qui impose, en vertu d'une loi, de procéder à un diagnostic archéologique avant toute construction ou aménagement important, privé ou public, a permis en quatre ans d'existence d'apporter "une actualité scientifique sans précédent pour la période charnière entre la fin de l'Antiquité et le début du Moyen-Age". Les archéologues de l'Inrap, établissement public qui recèle la plus importante structure archéologique française, travaillent sur près de 2.500 chantiers par an.

Ils ont notamment mis au jour quatre basiliques paléochrétiennes dont les datations oscillent entre le IVe et le Ve siècle: Arles et Marseille, Rezé (Loire-Atlantique) et Roanne (Loire).

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Voir aussi le site de l'INRAP clic

Communiqué
Découverte d’un baptistère paléochrétien à Ajaccio
09/06/20


Une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) vient de mettre au jour les vestiges du baptistère paléochrétien de la première cathédrale d’Ajaccio (Corse). Sur prescription de l’État, les archéologues travaillent depuis mars 2005 sur une parcelle vouée à la construction d’un parking et d’un immeuble par son propriétaire, M. Joseph-Marie Torre, rue François-del-Pellegrino.

Aux origines de la Corse chrétienne

L’intérêt archéologique du quartier a été souligné à maintes reprises depuis 1738 et les découvertes réalisées au gré des travaux agricoles et d’urbanisation ont conduit les historiens à localiser dans ce secteur l’agglomération antique d’Ajaccio. C’est aussi ici que se trouvait le siège épiscopal, mentionné pour la première fois dans une lettre du pape Grégoire le Grand datée de 601. Le groupe cathédral était placé sous le vocable de saint Jean et de saint Eufrase, dont les reliques furent peut-être transportées en Corse par les évêques africains lors de la persécution vandale du Ve siècle.

Le baptistère paléochrétien

Associé à l’église cathédrale, dont la localisation précise est encore inconnue, le baptistère est constitué d’une abside (4,60 x 3,50 m) encadrée de plusieurs bâtiments, au centre de laquelle se trouve une grande cuve baptismale cruciforme (2,68 x 1,39 m, profondeur 1,34 m), et dont le modèle est à rechercher en Afrique du Nord. Dans le courant du haut Moyen Âge, et à deux reprises, ce bassin a fait l’objet de transformations visant à réduire son volume et à l’adapter à l’évolution du rite. Cette cuve est associée à un bassin cylindrique plus petit (80 cm de diamètre), peut-être destinée au lavement des pieds des catéchumènes, avant le baptême proprement dit.

La fouille d’un important dépotoir, associé à ce complexe, a permis de recueillir près de 5 000 fragments de céramique. La diversité de leur provenance montre que le site a été, au VIe et VIIe siècles, et peut-être encore au VIIIe siècle de notre ère, pleinement intégré dans les réseaux commerciaux méditerranéens.

Le cimetière médiéval

Après l’abandon du baptistère, un cimetière est installé sur leurs ruines qui ont conditionné son organisation générale. Quatre-vingt tombes ont été repérées et fouillées. La typologie des sépultures est extrêmement variée : en amphore, sous tuiles, en coffre de pierres, rupestres et en pleine terre. Elles renvoient à des exemples sardes, italiens et du Midi de la France que l’on retrouve du VIe siècle au XIIe siècle. Il faut ajouter à cette liste, le sarcophage en marbre blanc orné de l’image du défunt encadré des génies des quatre Saisons accompagnés du " Bon pasteur " et de Dionysos, découvert sur ce même site en 1938.

Plusieurs tuiles de terre cuite utilisées pour la construction de ces tombes portent des signes dessinés sur la pâte avant cuisson (nœuds, porte surmontée d’un demi soleil, croix) et surtout des inscriptions dont le sens reste à déterminer. Les squelettes sont dans un bon état de conservation. Les premières observations permettent de reconnaître une grande majorité de sujets plutôt jeunes (entre seize et quarante ans environ) ainsi qu’une proportion à peu près égale d’hommes et de femmes.

Les apports de l’archéologie préventive à la connaissance de la période paléochrétienne

Le site d’Ajaccio vient compléter la connaissance des ensembles baptismaux de la même période en Corse comme ceux de Mariana, Sagone, Bravone ou Rescamone. En quatre ans, l’archéologie préventive a apporté une actualité scientifique sans précédent pour la période charnière entre la fin de l’Antiquité et le début du Moyen Âge. En effet, les archéologues de l’Inrap ont mis au jour quatre basiliques paléochrétiennes dont les datations oscillent entre le IVe et le Ve siècle : Arles et Marseille (Bouches-du-Rhône), Rezé (Loire-Atlantique), Roanne (Loire).


Responsables

Responsable d'opération : Daniel Istria, Inrap

Contrôle scientifique : Service régional de l’Archéologie (Drac de Corse)

Aménageur : SARL Alban Torre et Consors

Album photos de l'INRAP
Cliquez sur les photos pour agrandir l'image

Inrap

Détail des cuves paléochrétiennes, 2005, cliché : T. Maziers (INRAP)

Inrap

Vue générale des vestiges archéologiques paléochrétiens et médiévaux, 2005, cliché : T. Maziers (INRAP)

Inrap

Sépulture romaine aménagée avec des tuiles (tegulae) en battière dont certaines portent des inscriptions, 2005, cliché : D. Istria (INRAP)

Inrap

Production céramique d'Afrique du Nord du VI° siècle ap. J.-C., 2005, cliché : T. Maziers (INRAP)

Inrap

L'ensemble baptismal en cours de fouilles, 2005, cliché : T. Maziers (INRAP)

Inrap

Une vue générale du site, 2005, cliché : T. Maziers (INRAP)


Site de l'INRAP clic



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Voir une video sur le site de FR3 Corse

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lundi, 23 mai 2005

DECOUVERTE : Un balsamaire en bronze exceptionnel

Lors de fouilles archéologiques à Malaga, sur le site de la future Bibliothèque Municipale, les archéologues ont découvert un balsamaire en bronze datant du IV° siècle de notre ère. Ce petit vase à panse globulaire (8,1 cm de diamètre et 7,5 cm de haut) destiné à recevoir des produits de beauté, est unique en Espagne.

En effet, son décor présente un caractère exceptionnel : il représente des scènes de chasse où l'on voit divers animaux (dont des cerfs et des chiens).

Selon le spécialiste des bronzes romains, Salvador Pozo, les motifs avec lesquels a été décoré ce balsamaire, lui confèrent un caractère unique par rapport aux autres bronzes connus en Espagne, d'autant que l'on ne connaît qu'une centaine de pièces, dans tout le territoire occupé par l'Empire romain, possédant les mêmes caratéristiques.

Lire l'intégralité de l'article original (en espagnol) et voir une photo du balsamaire clic
Publié le 18/05/2005


jeudi, 12 mai 2005

DECOUVERTE : Des textes grecs inédits datant de l'Antiquité tardive, 2

Manuscrit grec 01

Source photo, Université de Fribourg (agrandir)

Nous avons déjà parlé ici de la découverte de manuscrits grecs datant de l'Antiquité Tardive:
DECOUVERTE : Des textes grecs inédits datant de l'Antiquité tardive

Le déchiffrement et l'analyse de ces textes ouvrent de nouvelles perspectives, à la fois sur le plan linguistique et sur le plan historique. De nouveaux détails ci-dessous en attendant la publication des travaux des deux chercheurs - le Pr. Jacques Schamp et le Dr. Eugenio Amato - dans un proche avenir dans la revue Byzantinische Zeitschrift (volume 98, tome 2, année 2005), le magazine spécialisé sur l'histoire et l'archéologie byzantine.



Article: "Quand Fribourg s'interesse à Procope de Gaza"
Auteur: Olivier Pauchard
10 mai 2005
Source: (clic)

Extraits:

Poser de nouvelles questions

Reste à savoir en quoi ces textes vieux de quelque 1500 ans sont importants pour les hellénistes. D’un point de vue linguistique, ils apportent de nouvelles connaissances sur des mots et des tournures propres à la langue grecque utilisée à l’époque de l’Antiquité tardive.

D’un point de vue historique, cette découverte permet d’en savoir un peu plus sur Procope de Gaza, chef de l’importante école rhétorique de Gaza. Grand connaisseur de la littérature d’Homère, le personnage a joué un rôle important dans la transmission du corpus biblique, en particulier de l’Ancien Testament.

L’échange entre Procope de Gaza et Mégéthios constitue par ailleurs un cas unique. «Il y a un véritable échange entre le maître et son élève, relève Jacques Schamp. C’est un cas pratiquement inconnu dans l’Antiquité. Généralement, ces correspondances sont toujours à sens unique; il n’y a jamais de réponse

Mais, finalement, le plus important dans cette découverte, c’est une ouverture de l’horizon des études du grec.

«Nous travaillons sur un corpus de texte relativement fermé, de sorte que cela contraint à brasser tout le temps les mêmes matières et par conséquent les mêmes problèmes», souligne Jacques Schamp.

«Or nous apportons un matériau jamais inventorié ni examiné. Il va de soi que cela permet d’élargir le monde ancien et de lui poser des questions qui jusqu’ici ne lui avaient pas été posées





mercredi, 27 avril 2005

DECOUVERTE : Des textes grecs inédits datant de l'Antiquité tardive

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La Chaire de Philologie Classique de l'Université de Fribourg vient de découvrir des textes grecs littéraires inédits, datant de l'Antiquité tardive en provenance de l'école de rhétorique de Gaza. La découverte est d'importance car il s'avère aujourd'hui pratiquement impossible de mettre la main sur des manuscrits dont le contenu date du Ve siècle.

medium_316_1106578091_i.jpgC'est en effectuant des recherches sur des manuscrits appartenant aux fonds de la Bibliothèque «Marciana» de Venise et de la Bibliothèque Nationale de France que le Prof. Jacques Schamp et son assistant le Dr Eugenio Amato - soutenus par le Fonds de la recherche de l'Université de Fribourg et le Fonds National Suisse - ont découvert les inédits. Ces textes sont d'une importance considérable non seulement de par leur contenu, mais également en ce qui concerne leurs auteurs.

medium_316_1106578144_i.jpgLes plus anciens d'entre eux datent des Ve et VIe siècles et constituent un recueil de lettres entre Procope de Gaza - sophiste et rhéteur chrétien (env. 465-529) à l'époque des empereurs Anastase et Justin I - et le jeune avocat Mégéthios, personnalité jusque-là inconnue. Problématique aussi bien au niveau du contenu très métaphorique que de la langue (il s'agit là d'un grec tardif et non pas classique), ce document fournit aux scientifiques des indications nouvelles sur la vie et les oeuvres de Procope de Gaza. Chef de l'importante école de rhétorique de Gaza, ce grand connaisseur de la littérature d'Homère a notamment joué un rôle important dans la transmission du corpus biblique, en particulier de l'Ancien Testament. Au niveau linguistique, le texte inédit découvert par les chercheurs fribourgeois met au jour des mots et des tournures linguistiques propres à la langue utilisée à l'époque tardive.

Le travail de recherche du Prof. Jacques Schamp et de son assistant le Dr Eugenio Amato s'avère des plus complexes. Pour trouver des textes inédits, les philologues classiques se doivent tout d'abord de passer minutieusement en revue et de répertorier les listes de manuscrits reposant dans les fonds des bibliothèques.

Une fois la perle rare découverte, c'est le long travail de traduction et d'interprétation qui commence. Afin de saisir au mieux le contenu des inédits et pour comparer les traductions, les scientifiques fribourgeois travaillent en réseau international, notamment avec l'Université de Goettingen, l'Université de Milan et la Fordham University de New York.

C'est la tâche à laquelle va se dédier le Dr Eugenio Amato dès le mois de mars prochain. Le chercheur estime fondamental le déchiffrement et la traduction des textes originaux. «En tant que scientifique, il est primordial de ne pas travailler uniquement sur des interprétations, mais de bel et bien remonter à la source des textes. Ce travail de base permet ensuite l'interprétation d'une réalité et la construction d'un discours politique, anthropologique et sociologique sur la société à l'époque de Procope.» Le scientifique publiera prochainement ces textes, traduits et commentés dans la Byzantinische Zeitschrift (volume 98, tome 2, année 2005), le magazine spécialisé sur l'histoire et l'archéologie byzantine.

Source
Service de Presse + Communication, tél. 026 300 70 34,
e-mail : press@unifr.ch
Information
Prof. Jacques Schamp, Dr Eugenio Amato, Tél. 026 300 78 32,
e-mail : jacques.schamp@unifr.ch, eugenio.amato@unifr.ch.

Des photographies peuvent être téléchargées dans les archives (janvier 2005) du service de presse (clic)

Site : GRRAT (Groupe de Recherches sur les Rhétoriques de l'Antiquité Tardive) (clic)


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Source, l'article:
"De Gaza à Fribourg : une découverte inédite" (clic)

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On peut également voir deux vidéo sur le même sujet sur le site de la Télévision Suisse Romande ici.

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Ce sujet avait été évoqué sur le groupe ATP (message 65, 03/02/2005)

jeudi, 21 avril 2005

ROANNE (Loire) : Découverte d'un baptistère chrétien et d'une nécropole (VI°-X° s. ?)

Une communication de l'INRAP Rhône-Alpes-Auvergne en date du 24 janviier 2005 sur la découverte d'un baptistère à Roanne. Le caratère exceptionnel de ce monument tient au fait que Roanne n'est pas le siège d'un évêché ; d'après les archéologues, le baptistère semble, en revanche, avoir été en relation avec la nécropole.

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Vue du baptistère en cours de fouille
clichés Service régional de l'archéologie DRAC Rhône-Alpes

Source :
Antenne interrégionale de l'Institut national de recherches archéologiques préventives Rhône-Alpes Auvergne (clic)
Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes

Lyon , le 24 janvier 2005

Découvertes archéologiques récentes d'un intérêt historique majeur : un baptistère dans le centre ancien de Roanne (Loire)

Le projet de réaménagement du centre ancien de Roanne concerne 9 000 m² d'espace urbain. Un chantier de fouilles préventives a été prescrit en décembre 2003 par la DRAC Rhône-Alpes - SRA sur une surface de 1500 m² répartie en trois zones dans le secteur de la Place Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny : au pied de la sacristie de l'église Saint-Etienne, le long de la rue du Château, et au pied du donjon médiéval.

La fouille, réalisée par l'INRAP, sous la direction de Monique Le Nezet Célestin, commencée en septembre 2004, a permis la découverte en janvier de vestiges remarquables qui conduisent à une meilleure connaissance de l'occupation de Roanne de l'Antiquité au Moyen Age.

La première zone, sur une emprise de 120 m² au pied de la sacristie de l'église Saint-Etienne, a révélé les vestiges de maisons probablement XVe-XVIe siècles, et sous celles-ci un grand fossé qui devait entourer le donjon. Une rue du XIIe siècle vient recouvrir ce dernier.

La deuxième zone fouillée couvrait une emprise de 800 m² environ au pied du donjon médiéval. Ont été mis au jour : les vestiges d'une halle du XIXe siècle, un grand fossé médiéval, une nécropole du haut Moyen Age (VIe-Xe siècles ?) environ quatre vingt tombes, dont dix en sarcophage, une voie romaine nord-sud et une voie perpendiculaire ou une cour enfin un atelier de métallurgiste en bordure de voie.

Les archéologues ont investi la dernière zone devant l'hôtel de l'Ancre et l'hôtel de Grenette sur une emprise de 400 m² environ. Ils viennent de mettre au jour des vestiges de maisons sans doute XVe-XVIe siècles, et la suite du grand fossé ceignant le donjon, des niveaux d'occupation, des sols et des silos du XIIe siècle ainsi qu'un grenier sur poteaux de bois contemporain.

medium_archeo-42g2.gifLa découverte la plus remarquable est un bâtiment de l'Antiquité tardive ou du début du haut Moyen Age, dallé en grand carreaux de tegulae, à l'intérieur duquel a été installé un bassin octogonal plaqué de marbre. En l'état des découvertes, il s'agirait d'un baptistère dont la cuve baptismale est assez profonde pour pratiquer une immersion quasi complète. Cette découverte est importante voire exceptionnelle. Le bâtiment se situe à proximité de l'église Saint-Etienne. A Lyon et à Valence, des baptistères furent découverts à proximité d'une église dédiée à Saint-Etienne mais ces deux villes possèdent un groupe épiscopal et donnent naissance à des évêchés ce qui n'est pas le cas de Roanne. Le baptistère serait en relation avec la nécropole dont les tombes respectent l'emplacement. Il a du être agrandi par la suite car le premier bassin est remplacé par une cuve ronde construite sur un des murs du premier bâtiment. Cette cuve présente elle-même plusieurs états : d'abord pourvue d'une banquette, elle reçoit ensuite un emmarchement, enfin son fond est rehaussé.

Pour traiter de l'avenir de ce site remarquable, une réflexion est conduite conjointement entre la Ville de Roanne et les services du ministère de la Culture. Plusieurs hypothèses sont à l'étude : la conservation in situ, la protection ou la mise en valeur.

Contacts :

Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes :
Michel Kneubühler (chargé de la communication Tél. 04 72 00.44.49),
Marie-Agnès Gaidon-Bunuel ( ingénieure au Service régional de l'archéologie , Tél. : 04 72 00 44 57 ) .
6 quai Saint-Vincent 69283 LYON cedex 01

Antenne interrégionale de l'Institut National de la Recherche en Archéologie Préventive (INRAP) Rhône-Alpes Auvergne :
Monique Le Nezet Célestin, responsable d'opération,
Soizic Le Rohellec, chargée de communication,
12 rue Louis Maggiorini, 69500 Bron,
Tél. 04-72-14-16-60 fax 04-72-14-16-61,
courriel : Rhone-alpes-auvergne@inrap.fr ou
soizic.le-rohellec@inrap.fr

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Site de l'INRAP clic

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Voir aussi:

- topchretien.com (clic)

- église-eaux vives (clic)

mardi, 19 avril 2005

CESAREE : Découverte d'une mosaïque dans une villa

Une impressionnante mosaïque mise au jour près de Césarée (Israël)

Source : Haaretz.com
17 Avril 2005
Auteur : Amiram Barkat


Une mosaïque de 500 m², présentant un schéma complexe composé de flamands, de paons, de canards et d'autres animaux, qui ornait le sol d'une villa du V° siècle de notre ère, a été récemment mise au jour sur une colline dominant la Méditerranée près de Césarée.

Le pavement avait été en partie découvert pour la première fois dans les années 1950 par l'archéologue Shmuel Yeivin, Cependant, il n'avait pas été exhumé à l'époque, à cause de contraintes budgétaires.

Cette fois, après une première semaine de fouilles menées par le Dr. Yosef Porat et Peter Gendelman (Israel Antiquities Authority), les autorités refusent de poursuivre les fouilles, invoquant un manque de fonds.[...]

Un expert, qui n'est pas partie prenante dans les fouilles, mais qui a visité le site il y a deux semaines, a dit à Aaretz que la villa est "la plus impressionnante jamais découverte jusqu'ici en Israël".

Le pavement était apparemment une partie de la cour centrale d'une villa de deux étages qui couvrait environ 1500 m² (1.5 dunams) et qui fut détruite pendant la conquête arabe en 640 de notre ère.

Voir la suite et une photo de la mosaïque ici :
Haaretz - Israel News

samedi, 16 avril 2005

ROME, Le sarcophage de Saint-Paul (Saint-Paul-hors-les-Murs)

Encore une note sur un sujet plus très récent (février 2005). Cela vaut tout de même la peine d'être évoqué. (Il y en aura d'autres !) ;-)

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Rome: Des archéologues du Vatican ont identifié le tombeau de saint Paul sous la basilique

Un sarcophage pouvant contenir les reliques de l'apôtre identifié

Rome, 17 février 2005 (Apic) Un sarcophage pouvant contenir les reliques de l’apôtre Paul a été identifié dans la basilique romaine de Saint-Paul-hors-les-murs, selon Giorgio Filippi, responsable du département épigraphique des Musées du Vatican. L’archéologue, interrogé par I'Apic, a précisé que la découverte remonte à 2002-2003, lors de fouilles réalisées dans la basilique située au sud de Rome. Cette découverte inédite sera prochainement rendue publique par le Saint-Siège.

"La tombe que nous avons découverte est celle que les papes et l’empereur Théodose (379-395) ont retenue et présentée au monde entier comme étant celle de l’apôtre", assure l’archéologue Giorgio Filippi. "Sur la partie que nous avons pu apercevoir, précise-t-il, il n’y a rien d’écrit; nous avons seulement découvert un côté du sarcophage sur cinquante centimètres de long, alors qu’il doit mesurer deux mètres".

La découverte, réalisée par une équipe restreinte d’experts des Musées du Vatican, a été faite lors de deux sondages à la demande de l’administrateur pontifical de la basilique, Mgr Francesco Gioia, après le Jubilé de l’an 2000. Il s’agissait, devant la demande croissante des pèlerins et des visiteurs, de vérifier la présence du tombeau de l’apôtre. Ces recherches très ciblées ont été entreprises sur la base de relevés topographiques du milieu du XIXe siècle. Des croquis réalisés lors des travaux de reconstruction de la basilique après le terrible incendie qui la ravagea en 1823.

Le premier sondage a permis de découvrir des traces de l’abside de l’ancienne basilique constantinienne (première moitié du IV° siècle) sous les marches de l’autel dédié à saint Timothée, collé au maître-autel. Le second, effectué sous l’autel majeur de la basilique, à l’intérieur de la Confession, a permis d’accéder au sarcophage, au niveau du sol de la basilique construite par l’empereur Théodose à la fin du IV° siècle.

medium_inscription_st-paul.jpg"Paulo apostolo mart"

Sous le maître-autel actuel, une plaque de marbre du IV° siècle, visible depuis toujours, porte l’inscription "Paulo apostolo mart" (Paul apôtre mart, ndlr). La plaque est munie de trois orifices probablement liés au culte funéraire de saint Paul. D’après Giorgio Filippi, ces trous étaient utilisés "pour la "création" de reliques par simple contact" avec le tombeau de l’apôtre. "Personne n’a jamais cherché à savoir ce qu’il y avait derrière cette plaque", reconnaît-il avec étonnement.

En tant qu’archéologue chrétien, Giogio Filippi affirme ne pas avoir "la curiosité de savoir si saint Paul se trouve bien dans le sarcophage ou non, si ce tombeau est vide ou plein". "Il n’y a pas de doute sur l’historicité de saint Paul, ajoute-t-il, car cette basilique fut objet de pèlerinages d’empereurs, de personnes du monde entier, venues pour le vénérer, ayant foi en sa présence dans la basilique".

C’est à l’administration de la basilique de décider, désormais, si les recherches doivent se poursuivre. L’existence d’un trou de dix centimètres de diamètre dans le sarcophage pourrait permettre d’aller plus loin. Mais, selon Giorgio Filippi, "la tombe ne doit pas être ouverte", car il ne faut pas "se faire prendre par la curiosité". L’équipe des Musées du Vatican va tenter de rendre plus accessibles les parties déjà inspectées, en vue d’éventuelles recherches ultérieures.

Tombeau visible au public?

A la question de savoir si Jean Paul II a été avisé de la découverte du sarcophage, le responsable du département épigraphique des Musées du Vatican, a déclaré qu’un procès verbal officiel a été transmis "aux autorités supérieures" dès la fin des investigations, courant 2003.

Interrogé par l'Apic, l’administrateur pontifical de la basilique, Mgr Francesco Gioia, s’est quant à lui déclaré "ouvert à la science" et a seulement affirmé que l’Eglise "a le devoir de faire connaître la figure de saint Paul et la vérité historique". Il n’a pas tenu à préciser si le tombeau, dans le futur, sera visible.

Le long de la voie Ostiense, un édicule aurait été élevé sur la tombe de l’apôtre Paul, après sa mort dans le cours du Ier siècle. Comme pour saint Pierre, l’empereur Constantin entreprit ensuite au début du IV° siècle de faire construire une basilique pour abriter la tombe. Puis, en 386, un demi-siècle après la mort de Constantin, devant l’afflux des pèlerins, une basilique plus grande fut construite à la demande des empereurs Valentinien II, Théodose et Arcadius.

Paul, ou Saül de Tarse, était un citoyen romain de religion juive. Il fut d'abord un persécuteur de la toute jeune communauté chrétienne. Mais, en route vers les synagogues de Damas où il espérait mettre fin à l'expansionnisme des disciples de Jésus, il se convertit au christianisme.

Il parcourut l'Asie Mineure et la Grèce pour annoncer l’Evangile aux juifs et aux païens. Arrêté à Jérusalem, il fut transféré à Césarée puis à Rome. Selon la tradition, il aurait été martyrisé sous Néron entre 64 (date du martyre de Pierre) ou 67. Sur le lieu présumé de sa mort, le long de la Voie Ostiense, se dresse aujourd’hui la basilique Saint-Paul hors-les-Murs.

A Saint-Pierre de Rome, c’est en juin 1939 que commencèrent des fouilles sous l’autel de la Confession pour situer la tombe de l’apôtre Pierre. Ordonnées par le pape Pie XII, elles durèrent dix ans et firent apparaître, en 1941, des ossements attribués au saint, à l’intérieur d’un mur rouge recouvert de marbre à l’époque de Constantin. Il fallut attendre 35 ans avant que l’Eglise ne confirme officiellement la présence des reliques. "Nous avons la chance d’être parvenus à cette certitude (…) que la tombe de saint Pierre est ici, en ce vénérable lieu où a été construite cette solennelle basilique", déclara ainsi Paul VI, le 29 juin 1976. (apic/imedia/ami/pr)

17.02.2005 - Apic (clic)




Vous pouvez aussi lire (en italien) l'article de Luca Liverani, "Il sarcofago di Paolo", 16 février 2005, Avvenire (clic).
Les liens n'étant pas éternels, l'article est reporté dans les fichiers du groupe ATP (clic)



Sur l'historique de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, vous pouvez vous reporter à l'article de Paul Poupard, "Pierre et Paul aux origines de l'Eglise de Rome", Clio Bibliothèque. (clic)
D'autres renseignements sur le site Missel (clic)

Vous pouvez retrouvez ce sujet sur le groupe ATP : messages : 69, 70 et 73.

mercredi, 13 avril 2005

EGYPTE : Découverte de trois manuscrits coptes du VI° s.

Voici la première note d'une série d'informations un peu anciennes que j'avais posté sur le Groupe ATP (Yahoo). Mais en archéologie, la notion du temps n'est pas la même que celle du commun des mortels ;-]
Ces quelques semaines de retard ne représentent pas grand chose ! Et puis il vaut mieux tard que jamais!



DECOUVERTE DE TROIS MANUSCRITS COPTES DU VI° SIECLE EN EGYPTE

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C'est à Gourna - aux environs de Louxor (Haute Egypte) - qu'une équipe d'archéologues polonais a découvert trois manuscrits coptes datant du VI° siècle. Ils décrivent les premiers rites religieux de la communauté chrétienne d'Egypte.

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Agence France-Presse

Le samedi 19 février 2005

Égypte : Découverte de trois manuscrits du VIème siècle

Le Caire

Trois manuscrits coptes du VIème siècle décrivant les premiers rites religieux de cette communauté chrétienne d'Egypte ont été découverts cachés dans une tombe pharaonique à Gourna, près de Louxor (700 km au sud du Caire).

Ces manuscrits ont été découverts par la mission archéologique polonaise en Egypte. «C'est la découverte copte la plus importante après celle des textes de Nag Hammadi», a indiqué Zahi Hawas, secrétaire général du Conseil supérieur des Antiquités (CSA), lors d'une conférence de presse samedi.

Les textes de Nag Hammadi (Haute-Egypte, 600 km au sud du Caire) ont permis d'identifier les quatre Evangiles de Jean, Marc, Mathieu et Luc. Ces textes de Nag Hammadi, au nombre de douze, formés de cahiers de papyrus reliés de cuir, avaient été découverts fortuitement en 1945 par des paysans qui déterraient une jarre.

M. Hawas a souligné que le recours à une tombe pharaonique pour cacher ces manuscrits «montre la persécution dont les coptes étaient victimes sous les empereurs romains».

Thomas Gorik, chef de la mission archéologique polonaise, a indiqué que les trois manuscrits étaient ensevelis sous le sable dans une tombe de briques crues qui remonte au Moyen-Empire (2000-1800 AV-JC).

«Le premier manuscrit mesure 22,5 cm de long et 17 cm de large. Le nombre total de ses pages est inconnu. Il est déposé dans un coffre en bois carré, décoré de l'intérieur de graphismes grecs, mais ne portant aucune décoration à l'extérieur» a-t-il dit.

Le deuxième manuscrit est relié en cuir et décoré de petits cercles. Il compte 50 pages, comme le troisième manuscrit, qui est, lui aussi, relié en cuir, mais en mauvais état.

Source: Cyberpresse (clic)
Source photo : message 283 du groupe Terrae Antiqvae (archives publiques)

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