lundi, 27 juin 2005
DECOUVERTE : Marseille, découverte d'une basilique paléochrétienne
La communication de cette découverte date du mois de Janvier 2004. Elle s'inscrit dans la liste des découvertes récentes de vestiges très importants sur le plan architectural (voir les notes sur Arles, Rézé, Roanne, Ajaccio).
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Source : Diocèse de Marseille clic
(Photo D. Paquier-Galliard)
C’est à l’occasion de travaux pour la construction d’un parking, rue Malaval, à Marseille, que Manuel Moliner, archéologue municipal de la Ville de Marseille et son équipe de l’Institut National de Recherche en Archéologie (*), ont fait la découverte d’un édifice funéraire paléochrétien du Ve siècle.
Cette basilique, longue de plus de 40 m et de 18 m de large, est à ranger aux côtés des édifices majeurs du premier art chrétien de notre pays.
Dans l’abside semi-circulaire, à droite de l’implantation de l’autel, ont été retrouvées deux tombes de calcaire rose de la Couronne recelant deux cercueils de plomb.
Cet édifice est composé de quatre piliers, d’une clôture en marbre décorée d’écailles, surmontée de dalles de marbre.
On découvre sur ces dalles un trou, entrée d’un dispositif destiné à faire circuler, à l’intérieur de la tombe, sur les sarcophages de plomb, un liquide (eau ou plus probablement huile) qui sera sanctifié par le contact des reliques. Un tuyau de plomb à la base permet de recueillir le précieux liquide.
Actuellement aucun indice ne permet d’identifer les personnages inhumés. Seuls l’ampleur de l’édifice et le nombre de sépultures regroupées autour laissent penser qu’il s’agit de personnages vénérés.
En effet, autour de cette "memoria" (sépulture d’un personnage important qui génère un culte) sont regroupés de nombreux sarcophages d’adultes et d’enfants (228 tombes exhumées et répertoriées).
Le mobilier funéraire était divers :
- amphores, parfois regroupées, parfois emboîtées lorsque la taille du mort dépassait celle de l’amphore,
- sarcophages en forme de caissons (la présence de clous attestent qu’il y a eu parfois des sarcophage en bois),
- tombes bâties, avec des plaques d’argile, des tuiles, constructions en V inversé,
- fosses en pleine terre.
Nombre de sépultures sont orientées est-ouest, la tête du mort disposée vers l’ouest, pour regarder vers la Jérusalem céleste lors de la résurrection.
La plupart des tombes n’avaient pas été ouvertes. Sobres, anonymes, elles ne comportent que très rarement des inscriptions. Quelques dessins sur des tuiles doivent être décriptés : marques de fabrique du potier ou signification rituelle ?
Très peu d’objets sont présents dans les tombes.
Les anthropologues qui travaillent sur ce chantier étudient les squelettes et peuvent déjà affirmer que hommes, femmes et enfants y sont présents.
A l’extérieur de l’édifice un ossuaire de 60 individus a été retrouvé.
Cette nécropole se trouvait en bordure de la voie antique qui reliait Marseille à Aix. Il semble qu’elle ait été abandonnée vers la fin du 6ème siècle. Pour quelle raison ? Vénération des personnages inhumés émoussée ou bien terrain propice aux inondations.... Les pierres de la basilique ont été très rapidement réutilisées sur d’autres chantiers, mais la memoria n’a pas été démontée et les tombes sont restées intactes.
Le Cardinal Bernard Panafieu et Mgr Benoît Rivière, évêque auxiliaire, ont visité le site en compagnie de Manuel Moliner et de Jean Guyon, spécialistes de cette période de l’histoire chrétienne en Provence.
Depuis le site a été évacué, des moulages des parois de la basilique ont été réalisés et toutes les tombes y compris les sarcophages de pierre et bien sûr l’intégralité de la memoria ont été prélevés pour étude, restauration et présentation au public. Le chantier du parking a repris son cours.
Désormais, les vestiges sont entreposés dans un laboratoire municipal et archéologues, anthropologues, historiens... poursuivent leurs recherches à l’aide des dernières techniques.
Un programme de publications et d’expositions est en cours d’élaboration. En attendant le bilan définitif de ces recherches, Manuel Moliner donne des conférences régulières sur l’avancement de la connaissance de ce site encore énigmatique.
Ces vestiges seront-ils un jour remontés sur un nouveau site accessible au public ? M. Gaudin, Maire de Marseille, a demandé à ses services d’étudier cette reconstitution grandeur nature. C’est le souhait émis par nombre de Marseillais très intéressés par cette découverte importante de leur histoire.
Voir d'autres photos sur le site ici
(Photos D. Paquier-Galliard)
(*) INRAP clic
07:20 Publié dans Archéologie, Découverte, Un monument, Un site archéologique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

























Commentaires
En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu
Ecrit par : Jesus-Christ | vendredi, 01 juillet 2005
C'est la Gloââââre! Jésus-Christ sur mon blog en personne!
Toute blague mise à part, je me passerais volontiers de ce genre de commentaires.
Ecrit par : Quilirene | dimanche, 03 juillet 2005
je suis faciné par tout ce que vous rapportez de l'antiquité
Ecrit par : kacem | dimanche, 20 novembre 2005
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