lundi, 13 juin 2005
CORSE : Découverte d'un baptistère paléochrétien à Ajaccio
La progression des fouilles sur le site Alban à Ajaccio (Corse-du-Sud) a pris une tournure que l'on pouvait espérer sans oser imaginer une telle découverte, celle d'un baptistère paléochrétien.
On peut maintenant souhaiter que l'importance des découvertes effectuées par l'équipe de l'INRAP offre un autre avenir à ce site que celui qui lui est dévolu (opinion strictement personnelle) :
Voir à ce propos la note du 7 avril 2005
CORSE : Découverte sur le site Alban clic
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Source : Communiqué de l'AFP
Publié le jeudi 9 Juin 2005, 16h11

(Photo Stephan Agostini/AFP)
Les vestiges extrêmement bien conservés d'un baptistère de la première cathédrale d'Ajaccio, datant probablement du Ve siècle, ont été mis au jour, ce qui constitue une découverte exceptionnelle, selon l'Inrap qui en a fait l'annonce jeudi.
L'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) considère que cette découverte conforte l'hypothèse d'une évangélisation de la Corse à partir de l'Afrique du Nord.
"Cette découverte est exceptionnelle car le baptistère date du paléochrétien (des premiers chrétiens, entre les Ier et Ve siècles, ndlr) et les découvertes de ce genre sont assez rares en France", a expliqué à l'AFP Daniel Istria, l'archéologue de l'Inrap responsable de cette fouille.
Son équipe travaille depuis mars 2005 sur le "site Alban", tout proche du centre ville, sur lequel avait été érigée, dans les années 1930, une Manufacture des Tabacs d'Ajaccio, dont il ne reste plus qu'une belle façade dans le style mauresque, inscrite à l'inventaire des monuments historiques.
Le baptistère mis au jour, "dont la construction date à première vue du Ve siècle, mais que seule une analyse à venir permettra de dater de manière plus fiable", était "associé à la première cathédrale d'Ajaccio, dont la localisation précise est encore inconnue", explique l'Inrap.
Sur cinq baptistères associés au premier siège épiscopal de l'île, situé probablement, comme cette récente découverte, au coeur de l'agglomération antique d'Ajaccio, trois ont été mis au jour jusqu'à présent: Mariana (à Lucciana, Haute-Corse), Sagone (Corse-du-Sud) et celui du site Alban.

Un squelette découvert dans une des 81 tombes d'un cimetière médiéval de la première cathédrale de la ville, le 9 juin 2005 à Ajaccio
(Photo Stephan Agostin/AFP)
Cette découverte permet notamment, selon M. Istria, de conforter l'hypothèse selon laquelle l'évangélisation de la Corse s'est faite à partir de l'Afrique du Nord: le baptistère découvert et extrêmement bien conservé est constitué d'une abside au centre de laquelle la grande cuve baptismale, d'une profondeur de 1,34 m, est cruciforme, un détail à rapprocher des modèles découverts en Afrique du Nord.
La fouille d'un important dépotoir associé à ce complexe a permis de recueillir près de 5.000 fragments de céramique, sur lesquels les experts commencent à travailler. En outre, un cimetière édifié sur le baptistère après son abandon, au VIe ou VIIe siècle, a permis de découvrir 81 tombes aux sépultures extrêmement variées et aux squelettes très bien conservés.
Selon l'Inrap, l'archéologie préventive, qui impose, en vertu d'une loi, de procéder à un diagnostic archéologique avant toute construction ou aménagement important, privé ou public, a permis en quatre ans d'existence d'apporter "une actualité scientifique sans précédent pour la période charnière entre la fin de l'Antiquité et le début du Moyen-Age". Les archéologues de l'Inrap, établissement public qui recèle la plus importante structure archéologique française, travaillent sur près de 2.500 chantiers par an.
Ils ont notamment mis au jour quatre basiliques paléochrétiennes dont les datations oscillent entre le IVe et le Ve siècle: Arles et Marseille, Rezé (Loire-Atlantique) et Roanne (Loire).
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Voir aussi le site de l'INRAP clic
Découverte d’un baptistère paléochrétien à Ajaccio
09/06/20
Une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) vient de mettre au jour les vestiges du baptistère paléochrétien de la première cathédrale d’Ajaccio (Corse). Sur prescription de l’État, les archéologues travaillent depuis mars 2005 sur une parcelle vouée à la construction d’un parking et d’un immeuble par son propriétaire, M. Joseph-Marie Torre, rue François-del-Pellegrino.
Aux origines de la Corse chrétienne
L’intérêt archéologique du quartier a été souligné à maintes reprises depuis 1738 et les découvertes réalisées au gré des travaux agricoles et d’urbanisation ont conduit les historiens à localiser dans ce secteur l’agglomération antique d’Ajaccio. C’est aussi ici que se trouvait le siège épiscopal, mentionné pour la première fois dans une lettre du pape Grégoire le Grand datée de 601. Le groupe cathédral était placé sous le vocable de saint Jean et de saint Eufrase, dont les reliques furent peut-être transportées en Corse par les évêques africains lors de la persécution vandale du Ve siècle.
Le baptistère paléochrétien
Associé à l’église cathédrale, dont la localisation précise est encore inconnue, le baptistère est constitué d’une abside (4,60 x 3,50 m) encadrée de plusieurs bâtiments, au centre de laquelle se trouve une grande cuve baptismale cruciforme (2,68 x 1,39 m, profondeur 1,34 m), et dont le modèle est à rechercher en Afrique du Nord. Dans le courant du haut Moyen Âge, et à deux reprises, ce bassin a fait l’objet de transformations visant à réduire son volume et à l’adapter à l’évolution du rite. Cette cuve est associée à un bassin cylindrique plus petit (80 cm de diamètre), peut-être destinée au lavement des pieds des catéchumènes, avant le baptême proprement dit.
La fouille d’un important dépotoir, associé à ce complexe, a permis de recueillir près de 5 000 fragments de céramique. La diversité de leur provenance montre que le site a été, au VIe et VIIe siècles, et peut-être encore au VIIIe siècle de notre ère, pleinement intégré dans les réseaux commerciaux méditerranéens.
Le cimetière médiéval
Après l’abandon du baptistère, un cimetière est installé sur leurs ruines qui ont conditionné son organisation générale. Quatre-vingt tombes ont été repérées et fouillées. La typologie des sépultures est extrêmement variée : en amphore, sous tuiles, en coffre de pierres, rupestres et en pleine terre. Elles renvoient à des exemples sardes, italiens et du Midi de la France que l’on retrouve du VIe siècle au XIIe siècle. Il faut ajouter à cette liste, le sarcophage en marbre blanc orné de l’image du défunt encadré des génies des quatre Saisons accompagnés du " Bon pasteur " et de Dionysos, découvert sur ce même site en 1938.
Plusieurs tuiles de terre cuite utilisées pour la construction de ces tombes portent des signes dessinés sur la pâte avant cuisson (nœuds, porte surmontée d’un demi soleil, croix) et surtout des inscriptions dont le sens reste à déterminer. Les squelettes sont dans un bon état de conservation. Les premières observations permettent de reconnaître une grande majorité de sujets plutôt jeunes (entre seize et quarante ans environ) ainsi qu’une proportion à peu près égale d’hommes et de femmes.
Les apports de l’archéologie préventive à la connaissance de la période paléochrétienne
Le site d’Ajaccio vient compléter la connaissance des ensembles baptismaux de la même période en Corse comme ceux de Mariana, Sagone, Bravone ou Rescamone. En quatre ans, l’archéologie préventive a apporté une actualité scientifique sans précédent pour la période charnière entre la fin de l’Antiquité et le début du Moyen Âge. En effet, les archéologues de l’Inrap ont mis au jour quatre basiliques paléochrétiennes dont les datations oscillent entre le IVe et le Ve siècle : Arles et Marseille (Bouches-du-Rhône), Rezé (Loire-Atlantique), Roanne (Loire).
Responsables
Responsable d'opération : Daniel Istria, Inrap
Contrôle scientifique : Service régional de l’Archéologie (Drac de Corse)
Aménageur : SARL Alban Torre et Consors
Cliquez sur les photos pour agrandir l'image

Détail des cuves paléochrétiennes, 2005, cliché : T. Maziers (INRAP)

Vue générale des vestiges archéologiques paléochrétiens et médiévaux, 2005, cliché : T. Maziers (INRAP)

Sépulture romaine aménagée avec des tuiles (tegulae) en battière dont certaines portent des inscriptions, 2005, cliché : D. Istria (INRAP)

Production céramique d'Afrique du Nord du VI° siècle ap. J.-C., 2005, cliché : T. Maziers (INRAP)

L'ensemble baptismal en cours de fouilles, 2005, cliché : T. Maziers (INRAP)

Une vue générale du site, 2005, cliché : T. Maziers (INRAP)
Site de l'INRAP clic
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Voir une video sur le site de FR3 Corse
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15:45 Publié dans Archéologie, Découverte, Un site archéologique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

























Commentaires
recherche vocabulaire :
dépotoir des châteaux- forts:
il me semble que c'est : koejcummeuding ou mot ressemblant
Pouvez-vous m'aider MERCI
Ecrit par : LE METAYER Robert | mardi, 03 janvier 2006
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